Samedi 17 octobre 2009

******Méthode Zulma


Le crépuscule est venu.

Dans une absence qui me ronge, je maquille mon visage aux reflets du tien, plonge la tête dans les nuits d'écume qui s'annoncent. Les cadavres qui ornent le labyrinthe de la mort comique semblent briller à la manière de lanternes chinoises, lorsque transparent, l'océan devient furie et délivre les échos du secret; un secret d'ive... Des crabes fuient les vagues et échouent dans la profondeur de la nuit. Les libellules ne sont faites que de leur cartilage, et au creux du silence, alors que les dernières fleurs d'automne s'inclinent, je suis l'enfant dans la corbeille. Être ou paraître, la question ne se pose plus en ces termes... Je ne suis plus qu'un son de cloche perdu dans les litanies d'un mendiant. Une muraille s'élève juste devant l'horizon. Mon oeil bizarre revoit l'enfance inachevée, la muraille devient miroir, une torture! J'attends que la pluie se mette à tomber...

En attendant, je brasse du vent.
Par November Children Factory
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Samedi 17 octobre 2009
Dans un âge vieillissant, le Sage résolu contemple les cendres des jours révolus. Un regard sur les époques de son histoire, sur ces grands moments qui ont marqué et parfois bouleversé le monde qui l'habite, le Plum'Art.
Les rues briques d'aujourd'hui semblent bien dépeuplées au regard de celles d'autrefois. L'effervescence d'alors semble parfois se dissoudre, une certaine accalmie progressivement a pris place, laissant certains habitants empreints d'une surprenante mélancolie, d'autres au contraire déterminés à faire du Plum'Art ce lieu de vie qu'il a toujours été, des moments les plus précieux à d'autres plus conflictuels. Tout cela, au final, constitue l'authenticité du lieu, et le Sage a entrepris de toujours garder cela dans la tête. Il sourit en revoyant, dans le brouillard face à lui, les moments du passé. Il sourit du parcours qu'il a entrepris, et n'a jamais renié ces premiers moments durant lesquels il fut parfois montré du doigt.
Fort heureusement, William nPaï n'a pas le sourire jaune.

Terminant son bol de thé, William regarde l'heure au petit pendule accroché sur une vieille enseigne du Plum'Art qu'il a récupérée un jour de tempête. Il soupire en réalisant la date: 3009. Une voix soudain le surprend:

- Alors, vieux Sage, encore en train de contempler le massacre du temps!

Zack Morel, le patriarche, a gardé précieusement ce don dont il a fait preuve très tôt, et qui consiste à toujours apparaître aux moments les plus inattendus. William soupire, et un sourire laisse deviner une ironie prochaine. Mais William est un Sage à présent, et il préfère laisser glisser un rire qui en dit tout autant.
Zack sourit à son tour de se voir épargné d'une remarque qu'il n'aurait pas jugée nécessaire. Mais il sait aussi que tout Sage qu’il soit, William est encore capable d'une verve comme lui seul la possède. Finalement, les deux hommes se comprennent, et entrent simultanément dans un fou rire en réalisant qu'ils ont soudain la même pensée: ils pensent, bien sûr, à Solucide, la regrettée Solucide, partie pour d'autres ailleurs mais dont l'âme n'est pas tout à fait effacée au sein de ce monde plum'artien. Il est vrai que chaque habitant, en son for intérieur, ne s'est pas lassé d'imaginer un retour prochain d'une Solucide plus « so lucide » que jamais.


Les rues sont affreusement vides ce soir, la nuit tombe sous le regard angoissé d'un Tof' qui n'arrive plus à voir la Lune, cachée par les ruines des années accumulées. Il entend un son de Picoti par la fenêtre, et ce chant lui met du baume au coeur. Il sait, comme chaque habitant, que Picoti les protège de l'éphémère. Elle se tient là, jamais très loin, reconnaissable par les ondes joyeuses qui l'entourent, dans la complexité d'une atmosphère sur laquelle plane un Air Nama en forme de bulle-élastique. Les couleurs ne disparaissent jamais vraiment, et le son des muezzins aziyadiens retentit encore souvent, de sorte que sur la place des Élucubrations, certaines âmes décalées se mettent à danser l’Ivaldi sans raison autre que celle d’un plaisir pulsionnel.


Sous un saule pleureur, Hosannam a l’âme chancelante. Étendue sur l’herbe folle, elle dandine de la tête en écoutant Vernon Zola sur son MP12, avant d’apercevoir dans le ciel le visage de Blabaptiste se dessiner dans un nuage. L’apparition lui sourit, et disparaît après un rapide clin d’œil.

Au même moment, boulevard des Poésies, Rêvelin et Damien Corbet, deux garçons sans âge se contant leurs rêves, contemplent la statue en bois de Diane, sculptée par les mains délicates d’un mystérieux inconnu dont la technique avait permis de former un nu en y appliquant les styles poétiques tels que les enjambements et les rimes féminines. Chaque fois que Diane passe devant cette œuvre, elle ne peut s’empêcher de rougir en imaginant que peut-être, l’auteur de cette intention n’était autre que Slévich, l’homme des Sonnets.

Sa complice Maria ne peut s’empêcher de rire de ce fantasme, en faisant tourner sa robe sur elle-même, telle une toupie déjantée, et en balançant ses cheveux comme pour crypter son visage. C’est comme ça, c’est une habitude: quand Maria Ivaldi se sent joyeuse, elle fait la toupie en chantonnant des comptines macabres, avant inévitablement de ressentir le pire des vertiges qui lui donnent l’impression de se noyer. Le vagabond de la nuit, Eifeilo, entre deux chapitres de roman, arrive souvent au bon moment pour lui offrir une épaule. Parfois, passe non loin une ombre travaillant ses leçons de séduction, la belle Djezabel, à la vitesse sensuelle d’une anémone de mer en cavale.

Lorsqu’il pleut dans les rues du Plum’Art, chaque habitant sait apprécier le plaisir du moment, parce qu’ils savent qu’après la pluie retentissent de plus belle les muezzins, annonçant un éclat d’Aziyadé qui chaque fois redonne au ciel ses couleurs, aux habitants leurs désirs.

Tandis que Cyrulnik, sans cesse revenante, multiplie les conventions sur l’art-therapy, l’aire de « Jeux et défis littéraires » attire aussi souvent l’attention des habitants lorsqu’on y entend Cally Méreaux chanter le Kamoulox.

Le Plum’Art, toujours très esthétique, a toujours banni de son sein les éléments toxiques qui entraveraient au bien-être des habitants. Et a, depuis toujours, bien compris qu’il fallait remplacer les câbles électriques extérieurs par un fil sensible et élégant, et porteur de bonnes ondes, le fil céleste.




À la lueur d’une bougie, Le Sage a pris la plume avec une concentration sans faille, afin d’écrire à chaque habitant ses projets futurs pour le Plum’Art. Sur le mur, au-dessus de son bureau, sont épinglés les portraits des Plum’artiens qu’il ne se lasse jamais de regarder.

Il glisse un sourire:

- Après tout, nous ne sommes qu’en 3009.



(à suivre)


Par November Children Factory
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Samedi 12 septembre 2009
A Lost Child, Dynamite Child , Moustichopathe

***


Dynamite: Je ne comprends rien à tout ça. Pourquoi tout s’emballe-t-il si vite?

Lost: Ce n’est pas une question de rapidité mais d’intensité. Ça doit être l’ocytocine.

Dynamite: Qu’on soit malade d’un rhume, voire d’un rhinopharyngite, je l’accepte, le corps est sujet aux attaques extérieures, c’est compréhensible…

Lost: Alors que le cœur? …

Dynamite: Mais… Oui, le cœur, lui, doit être un bouclier contre les intempéries métaphysiques et les tortures affectives! On ne peut pas le laisser en être la proie! Il n’est pas juste qu’on le malmène comme on malmène le corps.

Lost: Je trouve plutôt segmentée ta vision des choses, mais j’entends nos battements réciproques, ça m’interloque!

Dynamite: Tu sais, Lost Child, j’ai bien réfléchi -oui, j’intellectualise quand ça va mal, et j’en ressors généralement moins apathique. Je pense que je vais le barricader!

Lost: Barricader? Barricader quoi?

Dynamite: (soupir) Mon cœur… Barricader mon cœur…

Lost: Je ne suis pas sûr de suivre…

Dynamite: Terminés les envolées sentimentales, les accroche-cœurs, les attachements démesurés! Trop d’éclats de braise me brûlent le cœur.

Lost: (silence) Tu as raison, Dynamite. Dynamitons tout ça!

Dynamite: Ce n’est pas drôle… Mais en un sens, tu as raison: peut-être vaut-il mieux une grosse explosion subite plutôt que mourir à petit feu…

Lost: Il y a d’abord à gérer ta sensibilité, car je crains qu’elle soit, comme tu l’as dit, démesurée…

Dynamite: Ôte ce mot, Lost! C’est affreux!

Lost: Heu…

Dynamite: Comment peux-tu parler de « GÉRER » sa sensibilité? Mais ce n’est pas quelque chose que tu comptes comme de la marchandise ou comme du vulgaire stress!

Lost: D’accord, d’accord, tu as raison. Écoute, je ne sais pas si tu réalises la portée de tes propos… Ou si tu imagines l’état dans lequel sera ton cœur lorsque tu l’auras atrophié… Tu auras le cœur sombre, de couleur noire de cave, les joyaux devenus ternes et recouverts d’abondantes toiles d’araignée… Plus aucun flux d’émotion ne passera, mais des reflux passeront ailleurs, aromatisés à l‘amertume… Ton sang ne fera qu’un tour de ces barrages et ces barricades… Et tu saigneras d’ocytocine!

Dynamite: ...

Lost: Tiens-tu vraiment à ternir ces joyaux du cœur que d’autres ont déposés? À poussiérer les empreintes de ces rencontres avec l’autre qui composent ta vie? À avoir les yeux secs et la bouche pâteuse? À goûter au néant plutôt qu’au bonheur des autres mêlé, c’est vrai, d’abandon?

Dynamite maintint la tête baissée vers le sol, en regardant vaguement son ombre se décomposer sous les effets de la bougie. Il se tut, puis sortit de son petit baluchon une photo. Il la serra contre son cœur, et quitta la pièce.

Lost: (seul) Ah Dynamite! Comme je ne le reconnais pas! Je me sens moins dynamique sans son énergie habituelle. Pourtant, je le comprends. Je sens ce qu’il sent. C’est difficile, l’éloignement. Ça doit renvoyer à l’arrachement à la mère, un jour de crèche, un truc comme ça, bref j’en sais rien, mais c’est plus violent que ça ne le paraît, c’est sûr!

Dynamite: (revenant précipitamment) Lost, Lost! J’ai compris! Nous allons partir en voyage!

Lost: Pourquoi cette idée si soudaine?

Dynamite: C’est-ce qu’il nous faut… Partons pour les îles Tonga…

Lost: C’est très tentant Dynamite, mais sache que je voyage en permanence, même quand j’en ai pas l’air…

Soudain entre dans la chambre Moustichopathe, voletant avec nervosité:

Moustichopathe: La chair humaine n’est plus ce qu’elle était. Je suis au bout du rouleau! Je me sens mourir… Aidez-moi…


Par November Children Factory
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Samedi 12 septembre 2009
By A Lost Child


Je saisis la solitude qui s'immisce pour revenir sur les empreintes
que d'autres ont laissées dans mon coeur.
Je laisse déborder un trop plein d'ocytocine,
portée comme de la lingerie fine.
L'hypophyse gonflée d'émotions,
mon hypothalamus est un hippopotame.
Ce matin, mon coeur est lourd, peuplé des joyaux de l'autre entre lesquels se dessinent les chemins de traverse.
"C'est terrible, la mélancolie."
Un bout de soie blanche volette, accrochée sur la pointe de mon désir.
Désirer, déchiré.
Ce qui est passé dure encore... la seule arme sans doute à mon âme en déroute.
Du souvenir de mes primo-sentiments à l' "obsidienne" de mon sensible, j'ai parcouru les monts et les méandres les plus excessifs dans mes affects.
Un éloignement me tord le ventre, un attachement me renvoie à tort ou à raison au sentiment d'abandon propre à l'homme. L’attachement, c’est déjà un peu l’arrachement.
Considérer les choses autrement est une urgence. Car les flots d'ocytocine pourraient finir par déborder par lacrymales. Et les larmes d’ocytocine me brûleraient les yeux et les joues. Alors, défiguré, mon sac à dos en carapace, j’irai là où l’on ne me voit pas…
Par November Children Factory
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Lundi 11 mai 2009
By A Lost Child

L'enfance coupable, les renards de ma forêt d'alors font l'angoisse lumineuse du soleil sous la pluie, l'idéal de l'arc-en-ciel en tête.
Je pleure, figurines, je pleure!
C'est de l'ablation d'un diamant du coeur dont je parle lorsque j'évoque le verger aux pêchers que le temps et les hommes ont rasé.
Les tourments jaillissants font la force anarchique de ce vent trop violent, ce vent propre à l'errance et à la solitude enneigées, à la tempête de neige de ma vie.
Agonie cioranique.
Parcourir le tunnel au chien menaçant me place face aux remords agités, inutiles.
Remords, je suis déjà mort! Retournez sur vos pas!
Mon existence se fond dans la gouache d'un émerveillement refoulé, traqué par les corbeaux.
Si d'autres, les puissants, voient la vie en rouge Mont-Fuji, je m'efforce quant à moi d'éloigner l'air impur, menaçant mes moëlles et mes poumons à coup de pulsions de plutonium et de nucléaire déifié par les fous ignorants.
L'enfer mène à l'enfer.
Autre enfer; mon enfance pousse à fuir...
Mon enfance pousse à fuir en pente sèche la hantise des démons gémissants, en proie aux douleurs éternelles de n'être plus mortels, emprisonnés dans les cendres d'où jaillissent d'ignobles pissenlits, et à parvenir par un de ces bons hasards là où mon coeur voulait aller: là où mourir festivement sous les ondes naturelles du Village des moulins à eau devient enfin envisageable...

Par November Children Factory
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Lundi 11 mai 2009

Eva

By Dynamite Child

Eva dans son entière nudité. Eva l'entière.
Jamais à demi. La voir: un souffle retenu.
Perles de regard percutant, mais perles fragiles.
Il en coule parfois une eau précieuse.
Eva, à vivre. Eva, mourir... pour toi.
Eva là-haut, Eva à l'eau, Eva ma muse.
Eva m'accuse... de ça.
Eva inexistante, Eva naissante, Eva vivante.
Eva jouissante.
L'évajouissance de mes folies du coeur.
Evanouissance.
L'évanouissance de l'inouï de mes sens, incensée dans sa liqueur.
Eva l'orée du jour est crépuscule.
Eva m'accule et gesticule. Les bulles au vestibule!
Eva l'aimante, Eva l'innocente.
D'Eva dévastatrice à l'Eva triste, l'aura operculée par un père-particule, yeah!
Eva ça swingue, Eva ça danse et ça languit...
Eva ça ring, Eva ça cogne quand ça l'ennuie...
Eva l'entière. Jamais à demi.
Eva l'entité, dans son entière unité.

Par November Children Factory
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Vendredi 24 avril 2009
By A Lost Child

Se situer dans la position mortifère d’être à deux doigts d’un élan tout en s’en privant, en raison de l’éternelle culpabilité conne que je ressens, en raison d’une fatigue que je me prive de vouloir ressentir, en raison de mon corps trop allongé.
L’ « élan mortifère » mûrit dans la tête, murmure ses intentions, et se mure dans la retenue.
Un élan véritable ne se pense pas, ne se réfléchit pas, ne se calcule pas, car c’est dans la spontanéité enthousiaste qu’il s’affirme. Le corps doit être disponible pour cet élan; l’esprit, lui, doit se faire tout petit.

Car c’est avec un esprit endormi que je puis accéder à l’esprit de l’élan, et stimuler alors un élan de l’esprit.
On accélère. Jusqu’au point anti-g.
Je marche, léger, portant des poids sur les épaules comme une plume sur ma main. Je papillonne, et m’invente des ailes. Mais lorsque je sens que je m’envole, je me sens haut et si petit; je ressens le Vertige.
Qui me fait retomber tout droit les pieds sur terre, parfois sous terre, et quelques bribes de ma tête restées accrochées aux étoiles.
Par November Children Factory
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Mercredi 22 avril 2009

By A Lost Child

L’idiothème?
L’idiot t’aime…

Presque enfantin

L’idiot trek
Dans sa ludothèque
- De petites étoiles
Se sont fait la malle
Tandis qu’au plafond
Galope un cafard -

… Se morfond
Et s’égare…

L’idiot saigne
Se malmène
Se torture
De rien

Des raclures de vaurien!

Par November Children Factory
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Mercredi 22 avril 2009
By A Lost Child


Elucubrations
Berlue
D'un huluberlu
Hullule... hullule...

Elucubrations
Hallu
D'un enfant perdu
Allume... allume...

Elucubrations
J'ai vu
Le monde en fondu
La Lune... la lune..

Elucubrations
Je m'use
Sur l' hypothénuse
Méduse... ma muse...

Elucubrations
Intruses
Le temps qu'ça infuse
J'perfuse... j'perfuse...


Elucubrations
Non élucubrées
Cube abandonné
Incubé...


Par November Children Factory
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Mercredi 22 avril 2009
By Kil Ogräm

"Je m'appelle Kil Ogräm, le reste on s'en fout"

_ Je m'appelle Kil, un prénom de la mort. Je pue la mort jusqu'à mon nom. A côté d'elle, le vide. Et ma tâche ici sur Terre consiste justement à combler ce vide, comme je le peux et comme je le veux. Je dois remplir ce grand trou noir, et faire semblant de vivre. Je dois me faire passer chaque jour, chaque minute qui passe, pour un individu respectable et vénérable. Alors que je ne suis que méprisable et veine-et-noeud. Mais cela, personne ne doit le savoir! A part VOUS, personne ne doit connaître ma véritable "identité", qui est une non-identité. Vous ne devez jamais me trahir, je supporte très mal la trahison et je peux devenir très vénal. Mieux vaut ne pas me décevoir. Je suis le penseur du monde dans lequel vous êtes inscrits. Soyez donc très honnêtes. Votre fidélité vous sera récompensée.
Je m'appelle Kil, et je sais aussi reconnaître les vertus des hommes, qui sont des vices. Je suis militant de la vertu, mais je vis le vice et j'en crève pour ça. Croyez-moi. Je suis incapable de me reconnaître. Je sais que je ne suis capable que du vice, tout en (me) faisant croire que je suis l'exemple même de la vertu. Je suis lâche de ne pas oser faire du vice mon point fort; je suis minable de me mentir à moi-même pour respecter les idées dominantes et préconçues. Je n'ai même pas le courage de renverser ces vieilles idées et me délivrer de cette aliénation institutionnelle. Et je dis merde! Mais je continue de conserver mes idées, et mes façons de faire. Je ne me renouvelle pas, je suis un anti-moderne. Je fais partie de ceux qui pensent que la modernisation passe par le progrès matériel et technologique. Les progrès humains et les valeurs humaines ne sont pour moi que des sous-valeurs, voire des non-valeurs. J'aime les "non". Je suis sans cesse assis sur ma position, et n'en démors pas. Mon cul est plein d'hématomes. Il ne faut pas trop me titiller, car je suis peu patient. Imaginez donc avec les enfants...
Mais ça va, je ne vois jamais d'enfants. Je les évite, car je les déteste. Ils ne sont rien pour moi. Ils sont bêtes et ignorants. Les marmots ne connaissent rien à rien, ils pleurent tout le temps, sont bruyants même quand ils dorment. Je ne pourrais pas passer plus de cinq minutes avec eux sans en assassiner un, le renvoyer dans son pieu(x). Je m'appelle Kil, Killer de bambins.
J'ai oublié mon enfance. Je savoure ce plaisir adultocentrique de pouvoir jouer au connaisseur, supérieur à tous ces gamins et à bon nombres d'"adultes". Si un môme vient me parler, je suis celui qui sait et lui qui ignore, je suis supérieur à lui et ne peux donc rien apprendre de lui. Il n'a aucune âme, je peux lui dire n'importe quoi. Qui de nous deux est stupide?
Je m'appelle Kil, je suis là pour moi, le reste on s'en fout.

Extrait de "La sombre bal(l)ade de Kil Ogräm"
KO Project
Par November Children Factory
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Mercredi 22 avril 2009
By Moustichopate

Je suis un moustique
Un drole de loustic
Tu m'cherche? J'te pic!
J'te tourne autour
J'te fais la courre
J'suis psychopate
Ca, ça t'épate!
J'suis mi-moustique
Mi-psychopathe
Je me présente:
Moustichopate



Un Rustre est un Moustique qui se Prend la Langue dans la Rotule!

Par November Children Factory
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